LE JURY
MEET THE JURY : ANDRÉS ARREGUI VELÁZQUEZ
Andrés Arregui Velázquez rejoint le jury du Concours de Machines 2026
Designer et constructeur de vélos depuis près de vingt ans, Andrés Arregui Velázquez a fait du vélo son terrain de jeu et, selon ses propres mots, sa « deuxième université ». Fondateur de sa marque Arregui Velázquez et d’ETB Academy, école dédiée à la conception et à la fabrication de vélos, il enseigne également à l’UDIT University de Madrid. Un parcours singulier, commencé dans la recherche en dynamique moléculaire avant de se poursuivre dans l’ingénierie produit et la conception de cycles.
Andrés, quel est ton lien avec le monde du vélo ?
« Le vélo a été mon terrain de jeu et ma deuxième université. »
Le vélo a toujours fait partie de ma vie. La compétition ne m’intéresse pas vraiment. Ce que j’aime, c’est l’objet lui-même, la manière dont il s’intègre dans la vie quotidienne et la liberté qu’il donne pour se déplacer, rencontrer de nouvelles personnes et découvrir de nouveaux endroits.
Le plaisir de rouler m’a conduit à la mécanique, puis à la conception et à la fabrication. Après presque vingt ans à concevoir des vélos, je me rends compte qu’ils ont été mon terrain de jeu et ma deuxième université.
Ils m’ont aussi permis de changer de carrière, de la recherche en dynamique moléculaire — je suis docteur en physico-chimie — à l’ingénierie produit. Aujourd’hui, je transmets cette expérience à travers ETB Academy et l’enseignement.
Que représente le Concours de Machines pour toi ?
« Les vélos doivent être réels. Ils doivent rouler. Ce ne sont pas seulement des objets à admirer. »
Le Concours est à la fois une exposition et une compétition, mais il est très différent de la plupart des événements de ce type. Ici, les vélos doivent être réels. Ils doivent rouler. Tout ce que l’on voit doit fonctionner.
Le Concours de Machines rassemble tout ce que j’apprécie dans mon métier : des connaissances et de l’expérience mises au service d’un vélo conçu pour un usage, un terrain et un cycliste précis.
Derrière ces machines, il y a surtout des passionnés qui ont passé des années à perfectionner leur savoir-faire. C’est une célébration.
Le thème de cette édition est « Multipersonnalité & Sobriété ». Pourquoi ce défi te paraît-il particulièrement pertinent aujourd’hui ?
« Pourquoi accumuler plusieurs vélos quand l’ingéniosité peut permettre de créer une seule machine transformable ? »
Le maître-mot, ici, c’est l’ingéniosité. Au début, on veut construire le vélo parfait. Puis la réalité nous rattrape : on découvre tout ce qu’il reste à apprendre sur la géométrie, les matériaux, la dynamique, le soudage ou le brasage.
Après presque vingt ans, j’ai retrouvé le regard neuf de mes débuts. Chaque nouveau projet me donne à nouveau le sentiment que tout est possible, qu’il existe encore une autre solution à découvrir et que le vélo continue d’évoluer, quoi qu’en disent ceux qui pensent que tout a déjà été inventé.
Je n’y crois pas une seconde. Alors fabriquons des choses et amusons-nous à rouler avec.
L’accessibilité et l’inclusion font également partie du cahier des charges 2026. Pourquoi est-ce important pour toi ?
« Le design est toujours meilleur lorsqu’il prend en compte davantage de personnes. Le vélo ne devrait pas faire exception. »
Je n’ai jamais cherché à me spécialiser dans un seul type de vélo ou un seul type de cycliste. J’ai toujours voulu garder l’esprit ouvert et commencer par écouter les besoins. C’est aussi la philosophie que nous transmettons à ETB Academy : une vision large du vélo, des pratiques et des personnes qui les font vivre.
Il est néanmoins important que l’accessibilité et l’inclusion soient explicitement présentes dans la réflexion. Nous pouvons parfois penser être inclusifs simplement parce que nos intentions sont bonnes. S’intéresser réellement à ces questions nous oblige à remettre en cause nos propres présupposés et à écouter des expériences différentes des nôtres.
Le design est toujours meilleur lorsqu’il prend en compte davantage de personnes. Le vélo ne devrait pas faire exception.
Pourquoi des événements comme le Concours de Machines comptent-ils encore aujourd’hui ?
« Ici, tout est réel : les vélos, les gens et le monde dans lequel ils roulent. »
C’est un événement réel. De vrais vélos, de vraies personnes et le monde réel.
À une époque où l’on a parfois l’impression que si quelque chose n’est pas visible en ligne, alors cela n’existe pas, nous nous retrouvons pour faire ce que nous aimons, le partager avec d’autres et, je l’espère, donner envie à davantage de personnes de fabriquer, de rouler et de penser le vélo différemment.
Nous confondons parfois ce que nous voyons sur un écran avec la réalité.
Des événements comme celui-ci nous rappellent que ce n’est pas la même chose.
